Le poker online durant le week-end

Sujet
par leptit
le 27/06/2011 18:12


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Je joue en SNG à 15 €. Je suis un joueur serré et agressif. J’entre dans peu de coup. Je ne call presque jamais. Je relance et conti bet fréquemment sur le flop.

 

Je suis un joueur moyen et raisonné. En semaine, je suis rentable. Mais je perds quasiment systématiquement mes gains le week-end, probablement à cause de l’énervement.

 

J’entends pourtant souvent que le week-end devrait être l’opportunité de faire exploser son ROI de par la présence de « donkeys » à la table.

 

C’est une analyse que je ne partage pas et je vais essayer de démontrer pourquoi elle ne tient pas la route dans le poker online le week-end.

 

L’idée que la présence de mauvais joueurs devrait être bénéfique aux autres joueurs repose, à mon avis, sur un seul cas de figure : Un ou deux joueurs larges et passifs à la table. Ceux-ci callent beaucoup trop pour voir le flop, après quoi ils folderont suite à une conti bet de leur adversaire, même s’ils ont la deuxième ou troisième paire sur table. Surtout si c’est une petite paire.

 

Des calling stations seront également rentable pour peu qu’elles ne soient pas trop nombreuses à la table.

 

Dans ce cas, la présence de ces joueurs sera fructueuse pour les autres.

 

Dans les autres cas de figure, la présence de ces joueurs, dans certaines circonstances (malheureusement souvent rencontrées sur le net) peut s’avérer très négative.

 

Avant de passer au vif du sujet, à titre liminaire, une remarque importante s’impose sur la rentabilité du jeu contre des calling stations : lorsque vous êtes en tête et que vous faites payer cher son tirage à une calling station, il s’agit forcément d’une opération dans l’espérance mathématique de gain est positif. Par exemple, avec un tirage couleur votre adversaire à grosso modo 33 % de chance de réaliser une couleur. Dans 2/3 des cas vous gagnerez et vous perdrez dans 1/3 des cas. En lui demandant de payer 2 fois la valeur du pot pour vous suivre (exemple : le pot est à 100 et vous relancer de 200) vous réaliser une opération dont l’espérance mathématique de gain est positive. Sur le long terme, vous ne pouvez que gagner. Votre jeu semble correct.

 

Mais cette analyse ne vaut pleinement qu’en cash game. En cash game, vous jouez directement votre argent et toutes vos parties se cumulent et ne constituent qu’une seule partie sans fin. L’argent perdu hier est le même qu’aujourd’hui. Le critère pour décider de jouer ou non est l’espérance mathématique de gain. Pour une main donnée et un flop donné, en le jouant continuellement de la même façon, en faisant en sorte d’avoir une espérance de gain positive, vous ferez plus d’argent que vous n’en perdrez, vous vous enrichirez même si vous devrez essuyer quelques lourdes défaites ponctuelles.

 

En SNG, vous ne jouer pas directement votre argent mais un droit d’inscription. Les jetons perdus lors que la partie d’hier ne valent pas ceux gagnés lors de la partie d’aujourd’hui. Par exemple, vous êtes dans un SNG à 15 €. Il vous reste 500 en stack et vous vous mettez en all in. Vous perdez et êtes dehors à la 6ième place. Vous avez perdu vos 15 €.

 

Le lendemain, vous refaites un SNG. Dans un coup vous gagnez le même montant de jetons, soit 500. Vous passer de 1500 à 2000 dans votre stack. Il reste 6 joueurs à table.

 

Rien ne dit que ces 500 jetons vont vous permettre d’être dans les 3 places payées. Ils ne remboursent donc pas les 15 perdus avec les 500 jetons du jour précédant. Ils ne sont pas équivalents ! L’argent perdu est donc irrémédiablement perdu.

 

L’espérance mathématique de gain n’a donc pas tout son sens en SNG. Certes, il faut bien un critère pour déterminer si une opération est rationnelle ou pas. Mais d’autres critères viennent en ligne de compte surtout en fin de partie, particulièrement dans la bulle, et lorsqu’un est short stack (ICM, equity, fold equity).

 

Par conséquent, compte tenu que l’espérance mathématique de gain à long terme doit être sévèrement tempérée lorsque l’on joue en SNG, jouer face à ces calling stations ne sera pas aussi rentable qu’on pourrait le penser.

 

Entrons maintenant dans le vif du sujet à propos du jeu en week-end.

 

D’abord, le nombre de joueurs dans le coup. Partons d’une constatation : une paire d’as a toute les chances d’être battue si toute la table entre dans le coup (je ne me souviens plus des probabilités exactes). Cela s’explique intuitivement : dans un tel cas de figure on se retrouve avec qui peut réaliser une couleur, qui un brelan, qui une suite, qui une double paire, etc.

 

Donc, lorsque le pot est systématiquement concouru par 4 ou 5 joueurs, l’aspect hasardeux du jeu s’en retrouve renforcé. Ces joueurs transforment le jeu en loterie. Surtout lorsqu’il s’agit de calling stations tentées de payer jusqu’au bout parce qu’ils ont la 3ième ou 4ième paire sur table, ou en espérant faire leur paire, ou leur couleur…

 

Second point : nombreux joueurs n’ont pas idée des mains avec lesquelles caller, relancer, sur relancer, ni de l’importance de la position. Il ne s’agit pas de joueurs larges et passifs. Mais bien de joueurs inconsidérément larges et agressifs. Les pots sont fréquemment relancés, surrelancés, avec beaucoup de suiveurs dans le coup.

 

Dans ces circonstances, suivre avec une paire pour bénéficier de la côté implicite en cas de brelan coûte très cher !

 

Troisième point : ces joueurs inconsidérément larges et agressifs n’imaginent pas facilement que vous puissiez avoir une paire servie. Il n’imagine pas non plus facilement que vous puissiez réaliser une paire sur table. Lorsque vous avez relancé preflop, ils ont tendance à vous suivre parce qu’ils ont une overcard, un as, la deuxième ou la troisième paire sur table…

 

Il y a peu de chance que votre continuation bet soit efficace. Surtout avec 3, 4 ou 5 jouer en course.

 

En outre, il y a bien des chances qu’un de ces joueurs finissent par réaliser une bonne main au tableau et ne reparte avec une bonne partie de votre stack, si ce n’est pas l’entièreté de votre stack.

Moralité : il faut jouer serré pour ne pas perdre trop de jetons sur le flop. Mais on ne peut pas attendre AA, KK, QQ, JJ pour jouer. Il faut cependant une bonne main (AK, AQ, AJ, KQ, KJ, QK, paires, etc.)

 

La majorité des bonnes mains ne sont que des mains à transformer ; Et, Comme nous le savons, il est plus probable que le flop ne nous soit d’aucune utilité que le contraire. Nous devrions donc conti beter dans 60 à 70 % des cas (la main n’est pas réalisée, ou bien elle l’est mais il y a une overcard au flop, etc.)

 

Or, dans les circonstances que j’ai décrites, il y a de bonne chance que notre conti bet ne fonctionne pas. Et nous perdons des jetons à chaque fois. Il faut donc éviter de bluffer, même de conti beter sur le flop.

 

En outre, nous ne pouvons sur-relancer qu’avec un nombre limité de mains, dans des positions bien limitées. Or, les pots sont dans la majorité des cas déjà relancés voir sur-relancés. Nous devons donc jeter plus de mains. Caller et se retrouver sur le flop à 3 ou 4 joueurs me paraitrait une mauvaise idée.

 

Par la force des choses nous devons donc jouer plus serré. Il faut espérer une bonne occasion de doubler notre stack. Occasion qui ne viendra pas souvent.

 

Quatrième point. La présence de nombreux joueurs « hasardeux » a une conséquence qui semble contradictoire. J’ai remarqué que la table reste complète bien plus longtemps, même lorsqu’on arrive en high blinds.

 

Je m’attendais au contraire à ce que ces joueurs se fassent rapidement éliminer. Je me suis donc demander pourquoi et j’en suis arrivé à la conclusion suivante : le jeu étant beaucoup plus aléatoire et instable, l’argent circule, tourne beaucoup plus. Ces joueurs perdent des tas de jetons et les regagnent auprès d’autres. Un tirage hasardeux finit par marcher et leur permet de se refaire, un bluff total etc.

 

Cinquième point. Dans ces circonstances, vous arrivez fréquemment en blind moyennement haute, avec une table moyennement bien garnie (table complète ou 7 à 8 joueurs sur 9). Cela est d’autant plus problématique qu’ayant été forcé de jouer hyper serré vous vous retrouvés short stack lorsque vous n’avez pas eu l’occasion de faire monter votre stack.

 

Vous vous retrouvez en mode push or fold avec un stack à 10 ou 13 BB avec 7, 8 ou 9 joueurs à table. Situation dangereuse car beaucoup de cartes étant encore distribuées, la force relatives de chaque main n’a pas encore augmenté (il faudrait être 6 joueurs ou moins pour cela). Par exemple, faire all in avec AT ou QJ même au bouton serait dangereux dans ces circonstances. Il faut donc attendre, et encore attendre. Et votre stack s’use.

 

Beaucoup de joueurs n’ont pas idée de l’ICM et de la fold equity. Ils ne se rendent pas compte que dans certaines situations (les blinds sont hautes et le nombre de joueurs diminue), pour diverses raisons, une main très moyenne a +/- 30 % de chance de s’imposer en duel.

 

Il en découle que s’il y a un gros tapis, il ne fait pas son « job » et on voit des micros tapis à 6 ou 8 bb relancer à 2 ou 4 BB  SUIVI ( !!!!) par un gros tapis à 30 BB ou plus  qui finit par se coucher sur le flop en « offrant ainsi » 4 BB au micro tapis qui repasse ainsi à 10 ou 12 BB. Celui-ci est donc +/- remis en course grâce au gros tapis qui n’a rien compris à ce qu’il aurait du faire (pousser à all in ou folder directement).

 

Alors que le gros tapis aurait du éviter d’alimenter le petit tapis et le suivant et, au contraire, l’asphyxier en le poussant à all in  (ou, le cas échéant, en se couchant sans lui permettre de voir flop pour pas cher et sans lui offrir le moindre jeton inutile)

 

Età contrario, vous pouvez faire all in avec A6 Au bouton à 12 ou 10 ou 8 BB et être payé par un autre short stack également à 10 BB avec A7 et qui pourtant n’était pas encore dans une situation désespérée et avait tout à perdre à vous payer votre all in.

 

Ces gens ne font simplement pas la distinction entre faire all in et payer un all in.

 

 

Sixième point. Dans ces circonstances, vous aurez souvent des problèmes avec KK. En effet, le genre de joueurs que j’ai décrit voue une véritable admiration aux As et suivent de grosses relance dès qu’ils ont un As, quel que soit leur kicker ! (A2, A3, A5&hellip.

 

Vous serez fréquemment suivi par 2, 3 voir 4 adversaires, souvent peu enclins à se coucher face à une conti bet. A chaque fois que vous aurez KK, vous risquerez de vous retrouver dans un pot élevé. Lorsqu’un As tombera au flop vous serez d’autant plus dans l’embarras que vous savez qu’il est probable qu’un de vos adversaires dispose d’un As même si son kicker est minable. Que faire ? conti beter avec un pot qui est déjà relativement gros, en ayant toute les chance des suivi ? il vaudra souvent mieux jeter vos cartes.

 

 

Septième point. le genre de joueurs que j’ai décrit se pense très malins et passe leur temps à sous-jouer et essayer de piéger leurs adversaires. Pour eux, le poker se résume à bluffer, sous-jouer, check and raiser…

 

A moins que vous ne pensiez réellement être devant votre adversaire, il vaut souvent mieux ne pas raiser son check (sauf si vous le sentez faible). Faites également attention au check and call.

 

Il n’est pas rare non plus que ce genre de joueur ait la paire max depuis le flop et ne raise que sur la river pour faire croire qu’il bluff afin d’être surrelancé ou poussé à all in et pièger ainsi son adversaire

 

 

Conclusions : avec de nombreux joueurs très larges et agressifs à mauvais escient (des joueurs face auxquels les conti bets sont inefficaces et qui n’ont aucune idée de l’ICM et de la fold equity) le hasard reprend de l’importance à l’encontre de la stratégie. Vous devez jouer serré, être patient, et prendre des risques lorsque vous serrez short stack en mode push or fold. De plus, les parties s’éternise en conservant plus de joueurs à la table qu’à l’accoutumée.

 

En fin de compte, c’est une évidence : le jeu est transformé en loterie par la présence de trop nombreux joueurs bêtement larges et agressifs, irrationnels. Pour terminer par une image exagérée c’est comme si tous les joueurs abattaient systématiquement tous leur mains et jouaient chaque coup en all in. Que resterait-il d’autre que le hasard ? Rien. Aucune stratégie. Le jeu se résumerait à la seule chance d’avoir une bonne main de départ ou pas.

 

Sans en arriver à une telle extrémité, c’est vers cela que nous tendons en présence de joueurs bêtement larges et agressifs (je dis bêtement car on peut être intelligemment larges et agressifs).

 

Or, pour diverses raisons (le temps libre du week-end, la diffusion du poker à la télévision traditionnellement organisée le samedi dans certains pays, facilité d’accès du poker online, faible coût des inscriptions, etc.), il me semble que le week-end nous ne somme pas en face d’un ou deux joueurs larges et passifs à chaque table. Mais bien en face de nombreux joueurs irrationnels et agressifs qui limitent notre champ de jeu et nous obligent à nous retrouver en mode push or fold dans des circonstances où la hasard reprend le dessus sur la stratégie.

 

L’affirmation selon laquelle la présence des mauvais joueurs augmente le rendement des autres joueurs est évidemment valable mais est purement théorique sur internet. Comme j’ai essayé de le montrer, cela dépend du nombre de ces joueurs et de leur profil. Dans le poker online, le week-end, la présence de ces mauvais joueurs est massive. Ils sont inconsidérément larges et agressifs, irrationnel.

 

D’une manière globale, le jeu du week-end sur internet ne peut pas être rentable comme il le serait en face de mauvais joueurs de type timides, larges et passifs. Bien au contraire. Jouer le week-end, généralement, c’est être contraint à jouer un jeu limité et terne qui ressemble davantage à la loterie qu’au poker.

 

L’analyse que je viens de développer n’est probablement valable que sur le net. Au casino (je n’en suis pas certain, n’y ayant jamais  joué) cela peut être différent : les enjeux sont plus importants (sur internet il y a des SNG et des cash games à moins d’un euro), il peut y avoir  des « touristes » de passage, timorés, qui veulent voir le flop avant de se coucher, etc. Et puis la présence physique de ses adversaires est probablement de nature à décourager les bluffs total à répétition et les prises de risque inconsidérées par crainte de perdre la face…

 

Pour ma part, je pense que s’abstenir de jouer le week-end est la meilleure solution pour un joueur moyennement bon, rentable en semaine et perdant le week-end surtout si il est serré et agressif.

modifié le 08/07/2011 10:24
Commentaires
par gabin75
le 01/07/2011 03:46


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Que dire de plus, je suis d'accord à 200 pourcent,

J'ai monré ma BR en sitngo en jouant toujours à la même heure plus ou moins, avec les mêmes joueurs, aprés 2mois d'absence difficile de se refaire une réputation , surtout que les  stngos classique se sont désertés, en faveur des turbos;  

donc lorsque j'en fais ces jours ci,

je choisis les tables ou je connais au moins 3joueurs qui ont un Roi correct en stngo, et qui jouent un jeu sérieux avec des notions d'Icm, il savent qu'en te callant plus light ils perdent de l'équité et vice versa ...,j' utilise topshark avec le filtre sitngo + sharkscope avec les recherches gratuites tu as le profil des joueurs réguliers en quelques jours...

Aprés si ton objectif et de  mutitabler, c'est une autre histoire.

Et perso j'évite le soir et le week-end,pour les sitngos, (ce qui ne doit être pas évident pour tout le monde  )

il y a un aspect psychologique  je pense aussi, qu'il ne faur pas négliger ...

c'est juste énervant...

Donc, on doit  forcément dévier de notre jeu...

 

be zen...
par steph75
le 01/07/2011 04:19


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oui,j'ai remarqué que sur le fr,il aime le turbo
par dekpoker
le 08/07/2011 10:24


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A vrai dire le turbo est quand même plus agréable quand tu joues à des petites limites!!!! Parce jouer 3h pour gagner des peanuts c'est pas intéressant non plus!!!!!
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