Interview de Thomas Bichon
Poker Actu a rencontré le vainqueur de l’opération Job2Stars menée par PokerStars. Interview de Thomas Bichon, un joueur au profil intéressant et à l’avenir prometteur.
Comment as-tu intégré Job2Stars ?
Mon agent m’a dit qu’il y avait une opportunité avec Job2Stars, j’ai vu que je correspondais au profil et j’ai posé ma candidature immédiatement et elle a été retenue.
Tu as donc été convoqué pour un tournoi réunissant les 100 qualifiés…
Oui, et la situation est assez particulière parce que beaucoup d’amateurs veulent avoir ma peau car ils savent que j’ai gagné le WPT de Chypre. Par ailleurs, la structure est rapide et il est difficile de poser son poker. Dès lors que j’ai passé cette étape et que j’ai figuré parmi les 10 qualifiés pour la phase finale, je savais que j’avais fait le plus dur et que j’avais ma chance.
Ensuite, il y a eu l’épreuve du jury. Comment l’as-tu vécue ?
A peine assis, on m’a posé une question en anglais ! Vu que ce n’est pas mon fort, j’ai été très surpris et pas forcément très à l’aise. Ensuite, Alexis Laipsker a sorti son fouet (rire) ! Il a essayé de me faire sortir de mes gonds très vite pour voir la réactivité des candidats sur ce qu’ils pouvaient dire. Et enfin il y avait un psychologue (le comportementaliste George Chetochine, NDLR). Donc c’était très complet. Au début ça ne s’est pas très bien passé pour moi, je n’étais pas très satisfait de mon entretien. J’aurai aimé que cela dure un peu plus longtemps car j’ai été meilleur sur la fin.
Tu n’es pas satisfait de ta performance alors que tu as eu une bonne note, comment expliques-tu ce décalage ?
Je n’ai pas réussi à bien me vendre. Cependant, je pense avoir fait preuve d’humour sur quelques-unes des questions destinées à me déstabiliser. Je pense que cette épreuve était surtout là pour tenter de cerner notre personnalité, au-delà des réponses que l’on pouvait apporter.
Ensuite il y a le battleship…
Oui. J’ai eu un premier heads up très difficile contre Benjamin Pollack, c’était l’un des favoris. Puis j’ai très vite mené par cinq victoires à une. Ensuite j’ai eu un accident contre Barbara, je n’ai pas très bien joué et j’ai perdu. Au final, j’ai terminé avec cinq victoires et quatre défaites ce qui est assez standard. Je savais que j’étais dans la moyenne mais je n’avais pas réussi à faire la différence par rapport à mes adversaires.
Et finalement, il y a ce “last longer” lors de l’EPT de Deauville.
J’ai l’habitude de dire qu’il n’y a pas de destin, que tout est provoqué par ce que nous faisons, mais je suis obligé de reconnaître qu’il y avait une petite étoile qui brillait pour moi. J’ai été pas mal de fois short stack et je ne m’en suis jamais vraiment bien sorti dans ce tournoi. Les autres candidats se sont tous très bien accroché puisqu’ils ont tous passé le jour 1. Et le deuxième jour, j’ai bien tenu puisque j’ai sauté en avant dernière position, Benjamin Pollack a sauté juste après donc je savais que j’avais gagné.
Y avait-il des joueurs que tu as craint ?
Barbara Martinez était dans un bon run depuis deux ou trois mois du fait de ses résultats en Belgique et à Wagram, donc il est assez difficile d’affronter quelqu’un qui est en confiance. Benjamin Pollack est un joueur très solides des cercles parisiens avec une certaine expérience. Pedro Canali a lui aussi beaucoup d’expérience et de bons résultats. Donc j’avais trois ou quatre personnes à l’oeil, mais j’avais confiance en mon jeu tout en respectant l’adversaire.
Et parmi les outsiders, est-ce que certain d’entre eux t’ont surpris ?
J’ai bien aimé Fabien, je l’ai trouvé assez hermétique à la pression. J’ai eu un petit coup de coeur pour son style. S’il ne prend pas ce bad beat contre ElkY, c’est probablement lui qui serait à ma place aujourd’hui !
Avec le recul, que penses-tu de cette opération ?
C’était un coup de poker ! Quand j’ai déposé mon dossier, j’ai mis tout le reste en stand by pour avoir une chance de faire partie de la team PokerStars.
Lors de la remise du prix, tu as déclaré que tu avais une petite inquiétude de ne pas satisfaire la communauté des joueurs. Peux-tu nous dire à quoi tu faisais allusion ?
Une inquiétude, non, pas vraiment, mais je sais qu’il y a pas mal de personnes sur les forums qui ont tendance à penser que je ne suis plus un amateur donc que ma candidature n’avait pas sa place. «Pourquoi un vainqueur de WPT se retrouve-t-il au milieu d’amateurs ?...». Certaines personnes pensent que ce n’est pas forcément moi qui mérite ce contrat. Moi, je pense qu’un concours est ouvert à tous, à partir du moment où l’on n’est pas sponsorisé. C’est le plus méritant qui gagne. Il y avait aussi des mauvaises langues qui pensaient qu’il y aurait du favoritisme de la part de PokerStars par rapport à la note du jury. Mais vue ma note, je n’ai fini que quatrième alors que certains candidats ont eu des notes extraordinaires. Tout a été fait dans les règles de l’art, ce qui est d’autant plus méritant pour toi.
Tout a été fait dans les règles de l’art, ce qui est d’autant plus méritant pour toi.
Tu décroches donc un contrat à 300.000 euros. Une nouvelle vie commence. Comment vois-tu les choses ?
Je vais pouvoir faire tous les plus gros tournois de la planète. Je ne pouvais pas m’en payer autant avant. Je vais faire tous les EPT, j’espère pouvoir continuer à faire quelques WPT car ils me réussissent, sans oublier les WSOP cet été. Cela va faire entre 20 et 30 tournois cette année.
Au-delà des résultats, y a-t-il des choses qui vont t’être imposées sur le plan du marketing ?
Non, pas pour l’instant. Il va falloir quelques semaines pour finaliser mon contrat. Pour l’instant je me contente de répondre aux interviews en attendant de me jeter dans le grand bain.
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