Dimanche 1 Novembre 2009, 12:51

Jouer la position au poker

Avoir la position, ne pas avoir la position…telle est la question primordiale au poker.

Si vos notions concernant ce facteur-clé du poker restent floues, ou si vous avez simplement besoin que l’on vous rafraîchisse la mémoire, suivez le guide (et si vous êtes en train de vous creuser la tête en vous demandant de quoi diable je suis en train de parler, abandonnez tout ce que vous étiez en train de faire, et lisez illico presto !!)

Tout d’abord, petit rappel:

Votre position à la table se réfère à votre position par rapport au bouton.
Avoir le maximum d’informations étant capital au poker, la meilleure position est celle dite au bouton. En effet, plus vous êtes en fin de parole, plus vous connaissez les décisions adverses, et donc plus vous pouvez adapter votre propre jeu en toute connaissance de cause.
On dit aussi « avoir la position. » A l’inverse, la pire des positions est celle où vous êtes en début de parole, puisque vous parlez en premier et ne savez pas ce que vont faire vos adversaires. On dit aussi « ne pas avoir la position. »

Etant donné cela, on peut en déduire trois grands groupes :

Le début de parole (blindeur à UTG+1)

Lorsque vous êtes UTG ou UTG+1, n’oubliez jamais qu’il y a encore neuf ou huit joueurs qui parlent après vous (en table pleine), vous devez donc sélectionner vos mains avec rigueur. N’oubliez jamais de vous poser cette simple question : si je relance et suis sur-relancé, que vais-je faire ? Si la réponse est : je vais passer, alors n’entrez pas dans le coup !
Pour relancer préflop dans cette position, vous devez donc avoir une très bonne main : par exemple :as::ad: ou :kd::kh: ou :qs::qh: (en fait toutes les grosse paires) ou encore :as::kh: ou :as::qd: Attention à la main :ah::jd: qui peut vous valoir beaucoup d’ennuis !
Pour limper (c’est-à-dire suivre, vous devez avoir une main dite « à potentiel » comme :5s::5d: (dans l’espoir de toucher un brelan) ou :ad::td: (pour un tirage à couleur max) ou :jh::th: (pour un tirage à quinte et couleur) ou :kd::qs:, :kd::js:, :qd::js: (assorties ou non).
Cependant soyez conscients de la « Loi de Chris Ferguson » (champion du monde en 2000) : «Si vous êtes premier à parler, ne suivez pas le surblind, mais relancez ou passez. »
Ne serait-ce que parce qu’en limpant, vous laissez le surblindeur voir le flop gratuitement sans avoir la moindre idée de ce qu’il possède.
Le cas particulier des blindeurs : lorsque vous êtes de blind, vous parlez en dernier avant le flop, mais en premier après le flop : Préflop, vous pouvez donc en tirer parti pour arracher le coup.

Le milieu de parole (UTG+2, +3, et +4)

Bien que cette position implique que vous puissiez élargir l’éventail des mains avec lesquelles vous relancez ou suivez préflop, c’est une position délicate à gérer.
Tout d’abord, il reste encore beaucoup de joueurs parlant après vous et vous n’aurez probablement pas l’avantage de la position après le flop. De plus, si vous suivez une relance qui a déjà été faite avant vous, vous ne serez pas en mesure d’attaquer en premier après le flop pour arracher le coup.

La fin de parole (bouton – 2, cut off, bouton)

C’est la meilleure position préflop (mise à part les joueurs aux blinds) et après le flop.
Préflop parce que vous avez vu ce qu’ont fait vos adversaires, et pouvez donc faire passer ceux qui ont limpé en faisant une relance (même avec des mains marginales, si vos adversaires ne sont pas des joueurs agressifs), coucher une main moyenne s’il y a eu de fortes relances avant vous, voler les blinds en faisant une relance avec une main marginale si personne n’est encore entré dans le coup (d’autant plus si les blindeurs sont des joueurs passifs), ou même décider de juste suivre si les joueurs déjà dans le coup ne sont pas des joueurs agressifs.
Une petite exception, cependant, pour le vol des blinds : lorsque vous jouez en cash game, voler les blinds ne représente aucun intérêt puisqu’ils sont peu élevés (sauf à de très hautes limites) et n’augmentent pas.
Après le flop, vous l’aurez deviné par vous-même, vous avez l’énorme avantage de parler en dernier, et avez donc un maximum d’éléments en main pour prendre votre décision après avoir analysé les actions de vos adversaires :

  • Si votre adversaire checke, vous pouvez décider de voir la carte suivante gratuitement, ou alors miser pour remporter le pot.
  • Si votre adversaire ouvre, vous pouvez passer (et limiter ainsi votre perte en jetons), ou bien entendu le relancer!

Il convient d’ailleurs ici de parler des cas particuliers des joueurs n’ayant aucun problème avec le fait de parler en premier, voire même qui en tirent un avantage significatif. Le plus connu est bien sûr Gus Hansen, qui déclare aimer parler en premier car cela lui donne la possibilité d’être le premier à bluffer et de voler le pot à la barbe de son adversaire.

Enfin, attention au cas particulier du tête à tête : en heads up, c’est le joueur de petit blind qui parle en premier préflop et en dernier après le flop. Il est donc habituel de relancer lorsqu’on est de petit blind, et ce quelle que soit votre main, puisque vous aurez l’avantage de la position après le flop.

Pour finir, cédons la parole à l’un des meilleurs joueurs de tous les temps, Doyle Brunson, bien sûr : « je suis capable de gagner n’importe quel coup sans voir mes cartes si vous me donnez une bonne position. »

Auteure : Ayesha Carmody

Commentaires
c'est quoi UTG m'sieur ?
faut penser aux newbies :)
par chriscross78
dimanche 1 Novembre 2009, 14:12
UTG, ça veut dire Under The Gun, c'est-à-dire que c'est le premier joueur à parler avant le flop, celui qui est placé juste après le joueur à la grosse blind. Et cela se réfère également au fait que c'est la position la plus difficile à jouer préflop : under the gun = sous la pression !
par PokerNana
dimanche 1 Novembre 2009, 14:44
Moi on m'avait dit que c'était genre on te met un pistolet sur la tempe et vaut mieux se coucher...... ;)
par popovych09
dimanche 1 Novembre 2009, 20:48
merci pour ces précisions ! ;)
par chriscross78
dimanche 1 Novembre 2009, 22:05
C'est bien des petites piqures de rappels sur les fondamentaux :)

==> perso je réinsiste sur celui-ci qui est trop souvent minimisé surtout pour ceux qui débutent mais en s'imposant une vrai rigueur d'abord sur le choix des mains (jouer très serré qd on commence) mais surtout sur la position on se rend vite compte que ça paie sans grand effort. Le tout c'est aussi de tenir sa conduite :
- relancer en bonne position preflop surtout avec une main limite ne veut pas dire finir allin le coup !!! si le flop n'apporte rien : soit l'autre check et un continuation bet peut rester dans la logique de voler le coup (dans ce cas en cas de call, bien analyser la situation pour éviter de s'negouffrer davanatge à la turn), soit il mise et il FAUT folder si on a rien touché et si ça aq aucune chance sérieuse d'améliorer)
- ça vaut aussi en cas de call preflop (qqsoit la main meme AA ou la position)...si le flop est menaçant ou qu'un adversaire montre une grande force, savoir folder au flop est essentiel
par Fred
mercredi 4 Novembre 2009, 13:54
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