Vendredi 2 Avril 2010, 10:47

Ouverture du marché : débats mouvementés

Majorité et opposition ont poursuivi jeudi à l'Assemblée leur bras de fer sur le texte libéralisant les paris en ligne que gouvernement et UMP veulent boucler au plus vite, le PS jouant au contraire la montre pour faire échec à ce "cadeau aux amis du Fouquet's".

Très attendu par les opérateurs, le projet de loi prévoit l'ouverture à la concurrence des paris sportifs et hippiques et du poker en ligne.

Pour la majorité il s'agit d"assécher l'offre illégale". Une cinquantaine d'opérateurs, prévoit le gouvernement, devraient être autorisés contre 20.000 agissant actuellement dans l'illégalité.

"L'objectif est simple", a résumé François Baroin (Budget): "lutter contre l'addiction et le blanchiment, protéger les mineurs, fixer des règles". Pour lui, "ne rien faire, c'est favoriser la liberté du renard dans le poulailler".

Et pour le gouvernement, le calendrier est très serré, les agréments devant être donnés avant l'ouverture de la Coupe du monde de football, en juin.

Pour cette deuxième lecture, la majorité n'a donc déposé aucun amendement et décidé de repousser tous les amendements de gauche. Objectif: une adoption définitive du Parlement, lors du vote solennel, le 6 avril.

Mais le PS a poursuivi son combat contre un texte qui "ne vise pas à encadrer" mais à "déréguler". La multiplication d'offres légales "démultipliera" l'addiction, a argué Aurélie Filippetti (PS).

Demande de suspension de séance, de scrutin publics... les députés PS ont utilisé tous les moyens de procédure pour ralentir les débats. Mardi, ils ont même tenté un rejet du texte par surprise, rejouant le désormais fameux "coup d'Hadopi" en surgissant en nombre dans l'hémicycle au moment du vote. Il a fallu à l'UMP trois longues suspensions de séance pour redevenir majoritaire et éviter l'échec.

Le PS a aussi exploité le malaise la majorité au lendemain de sa défaite aux régionales. Evoquant le souhait d'élus UMP d'en revenir désormais à leurs "fondamentaux", Jean-Marc Ayrault (PS) a ironisé: "Que vous répond le président? Vos fondamentaux, c'est l'abandon de vos engagements écologiques, c'est la poursuite des cadeaux aux amis du Fouquet's et une simple loi sur la burqa".

Jeudi Jean Mallot (PS) a égréné les noms des opérateurs intéressés: "Arnaud Lagardère, Martin Bouygues, Patrick Le Lay, Vincent Bolloré, François Pinault, Dominique Desseigne, Alexandre Balkany, Stéphane Courbit, des proches et des soutiens du président Sarkozy". "Je n'imagine pas un instant qu'ils puissent ... faire de l'argent sur le dos de personnes vulnérables", a-t-il ironisé.

Se disant "scandalisé", Jean-François Lamour (UMP) a rétorqué que Martine Aubry (PS) avait elle aussi M. Desseigne comme "partenaire" à Lille.

M. Mallot a raillé "l'acharnement de l'exécutif" sur un tel texte et Mme Filippetti a accusé Olivier Marleix, conseiller de Nicolas Sarkozy, de "mettre la pression" sur les élus en montant au perchoir pour, selon elle, faire accélérer les débats.

En fin d'après-midi jeudi, les débats traînaient toujours en longueur, même si à droite, élus, rapporteur et ministre gardaient le plus souvent le silence. La partie était loin d'être gagnée, l'examen devant se poursuivre jusqu'au petit matin vendredi. Le PS lui avait remporté une manche: le report du débat sur le projet de loi sur le crédit à la consommation, qui était programmé dans la foulée.

AFP

Tags : loi -
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